Qui sont les femmes transgenres vivant avec le VIH en France ? Caractéristiques sociodémographiques, de transition et de prise en charge. Résultats de l’enquête ANRS-Trans&VIH
Article
BALHAN L, ANNEQUIN M, FAYE A, MORA M, VAN HUIZEN R, FIORENTINO M et al.
Saint-Maurice : Santé publique France, Bulletin épidémiologique hebdomadaire, (19-20), 2025, pp. 364-372, ISSN 1953-8030
Thématique(s) : Vie intime, affective et sexuelle | Hépatites / VIH / IST
Cet article vise à décrire les caractéristiques sociodémographiques, de transition et de prise en charge des femmes transgenres vivant avec le VIH (FTVIH) suivies à l’hôpital en France. Il décrit également les caractéristiques de la migration des femmes trans nées à l’étranger.
Les données présentées sont issues de l’enquête ANRS-Trans&VIH, une enquête nationale, transversale, rétrospective et une recherche communautaire sur les FTVIH bénéficiant d’une prise en charge du VIH dans des unités hospitalières en France. L’enquête a été réalisée entre 2020 et 2022. Les caractéristiques socio- démographiques, de transition et de vie avec le VIH ont été comparées entre les femmes transgenres de nationalité française et de nationalité étrangère au moment de l’enquête, avec des tests de Chi2 et des tests de Wilcoxon.
Parmi les 506 FTVIH ayant participé à l’enquête, 11% étaient françaises de naissance, 3,2% avaient acquis la nationalité française et 86% étaient de nationalité étrangère. Parmi les étrangères, 93% étaient originaires d’Amérique latine et 37% ne disposaient pas de titre de séjour au moment de l’enquête.
L’âge médian était de 43 ans (écart interquartile (IQ): [36-50]). 69% des enquêtées vivaient avec moins de 1 000 euros par mois (74% parmi les étrangères et 39% parmi les françaises, p<0,001), et seules 25% d’entre elles disposaient d’un papier d’identité correspondant à leur identité de genre actuelle (21% parmi les étrangères, 49% parmi les françaises, p<0,001). Le recours aux relations tarifées était fréquent : 65% des enquêtées en déclaraient au moment de l’enquête. Les françaises étaient plus nombreuses à ne pas déclarer de relations sexuelles tarifées au cours de la vie (31% contre 6% des étrangères, p<0,001).
Elles étaient majoritairement (84%) suivies pour leur VIH dans les services de maladies infectieuses d’Île-de- France. Les enquêtées étaient sous traitement antirétroviral dans 99% des cas, et 88% d’entre elles avaient une charge virale indétectable, au seuil de 50 copies/ml, au moment de l’enquête (87% parmi les étrangères et 94% parmi les françaises).
Les FTVIH en France sont majoritairement étrangères, leur prise en charge du point de vue du VIH est efficace et leur état de santé plutôt bon, mais leur précarité sociale et administrative reste très importante.
(Résumé de l'éditeur)
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