Périodique
Paris : Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques, Etudes et Résultats, (1340), 2025, 8 p., ISSN 1146-9129
Thématique(s) : Santé mentale
Les données collectées par l’enquête EpiCov entre 2020 et 2022 documentent l’évolution de certains indicateurs de santé mentale pendant et à l’issue de la crise sanitaire liée au Covid-19. Le dernier volet de l’enquête, réalisé fin 2022, fait ressortir une légère baisse des syndromes dépressifs entre 2020 et 2022, dans toutes les catégories de la population. Ce constat global masque une grande disparité de situations par âge. La prévalence des syndromes dépressifs est revenue à un niveau inférieur à celui de 2019 pour les 35 ans ou plus, et même inférieur à celui de 2014 pour les 65 ans ou plus. À l’inverse, alors même qu’elle avait déjà fortement progressé entre 2014 et 2019 pour les 15 à 24 ans, cette prévalence demeure beaucoup plus élevée en 2022 que juste avant la crise sanitaire.
En outre, une hausse des pensées suicidaires est constatée entre 2020 et 2022, elle est plus prononcée parmi les adultes de moins de 25 ans, et plus encore parmi les jeunes femmes. Les enfants âgés de 5 à 17 ans sont, pour leur part, concernés par une augmentation des difficultés émotionnelles entre 2021 et 2022.
Concernant les recours aux soins de santé mentale, les pratiques évoluent avec un recul du recours au médecin généraliste pour raison de santé mentale, mais de fortes hausses des recours au psychologue et au psychiatre parmi les jeunes et les femmes. Pour autant, plus de la moitié des personnes avec des pensées suicidaires ne recourent pas à des soins de santé mentale.
La recherche des facteurs de risque montre que tous les types de discriminations subies (âge, sexe, origine, poids, handicap) sont associées à la présence d’un syndrome dépressif, de même que de se définir comme homosexuel ou bisexuel, d’être exposé aux écrans plus de six heures par jour, hors raisons professionnelles, et de compulser les réseaux sociaux au moins une fois par heure. La forte concentration de ces facteurs de risque chez les femmes de moins de 30 ans pourrait partiellement expliquer leur surrisque de dépression. Par ailleurs, les difficultés financières, l’isolement social et la maladie chronique sont également très liés à la prévalence du syndrome dépressif.
(Résumé de l'éditeur)
drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/etudes-et-resultats/250604_ER_sante-mentale-etat-des-lieux
Inégalité sociale de santé Santé mentale Covid-19 Dépression État dépressif Pulsion suicidaire Recours aux soins Médecin généraliste Psychologue Psychiatrie Souffrance psychique Discrimination Homosexualité Bisexualité Ecran Réseau social Facteur de risque Ressource financière Isolement social Maladie chronique Jeune adulte Femme Tentative de suicide Homme Adulte Personne âgée Enfant Préadolescent Adolescent Facteur psychosocial Emotion Relation sociale