Accidents de la vie courante motivant un recours aux soins hospitaliers chez les enfants âgés de 1 à 10 ans : étude des facteurs associés au sein de la cohorte Elfe
Article
CIMBARO CANELLA HR, MILCENT K, DUFOURG MN, ARNETON M, GASSAMA M, PAGET LM et al.
Saint-Maurice : Santé publique France, Bulletin épidémiologique hebdomadaire, (16), 2026, pp. 354-364, ISSN 1953-8030
Thématique(s) : Accident
L’objectif est de décrire les accidents de la vie courante (AcVC) avec un recours aux soins hospitaliers (urgences seules ou avec hospitalisation) chez les enfants de 1 à 10 ans de la cohorte Elfe et d’en analyser les facteurs de risque ou protecteurs associés.
Les données ont été collectées auprès de parents de 9 662 à 12 243 enfants selon les âges de 2, 3, 5 et 10 ans. Les incidences annuelles moyennes pondérées sont estimées en redressant l’échantillon pour correspondre à la population des enfants nés en 2011 en France. L’analyse des facteurs associés à la gravité s’appuie sur un modèle de régression logistique multinomiale multivarié.
Les incidences annuelles moyennes des AcVC avec un recours aux soins hospitaliers décroissent avec l’âge de l’enfant (14,1% chez les 1-2 ans versus 9,2% chez les 5-10 ans). Les chutes, avec traumatisme crânien en particulier, sont les types d’accidents les plus fréquents. Parmi les facteurs associés à l’hospitalisation pour un AcVC, on retrouve pour les enfants âgés de 2 ans : le sexe masculin (odds ratio ajusté de 1,79 ; intervalle de confiance à 95% (IC95%): [1,19-2,70]) ; pour ceux de 3 ans : le trouble de santé mentale d’un parent (1,64 [1,00-2,68]) et le sexe masculin (1,58 [1,12-2,23]) ; pour ceux de 5 ans : le trouble d’attention/hyperactivité (1,59 [1,00-2,51]) ; et pour ceux de 10 ans le fait d’habiter dans une grande commune autre que Paris (1,55 [1,03‑2,34]), d’avoir un indice de défavorisation sociale communale élevé (1,60 [1,09-2,37]), d’avoir des parents souffrant d’une maladie chronique (1,46 [1,16-1,85]), d’un trouble de santé mentale (1,34 [1,00-1,81]), ou imposant une discipline inconstante (5,37 [1,40-20,64]), de pratiquer des sports encadrés (1,65 [1,16-2,33]) et d’être de sexe masculin (1,42 [1,12-1,80]).
Si les facteurs liés à l’enfant sont souvent bien décrits, l’étude montre que la santé mentale des parents, leur mode éducatif et les caractéristiques de la commune sont également associés au recours hospitalier pour les AcVC.
(Résumé de l'éditeur)
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